QUE RESTE-T-IL D’ŒDIPE ?

4ème colloque de psychanalyse – Samedi 26 septembre 2009
de l’Association des Forums du Champ Lacanien de Wallonie (Belgique)

ARGUMENT
Œdipe, fils d’un roi de Thèbes, est condamné à l’errance pour avoir à son insu épousé sa mère et tué son père. Freud a reconnu dans cette dramatisation l’ensemble des phénomènes qui ordonnent sur la scène de l’inconscient le désir du sujet et son devenir sexué.
La mise à jour de cette clé de voûte ne va cependant pas lui permettre de tout expliquer. Freud butera sur l’énigme du féminin (Que veut une femme ?) et sur le roc de la castration à la fin de la cure.
La lecture que fera Lacan de l’Œdipe freudien mettra l’accent sur la fonction paternelle dans laquelle il reconnaitra l’agent de la castration. Lorsque la fonction paternelle qu’il nomme Le Nom-du-Père est opérante, la castration a lieu et met en place pour le sujet névrosé la boussole phallique. Cette dernière va l’ouvrir au désir, vectoriser son savoir inconscient et tempérer sa jouissance
Lorsque la fonction paternelle est inopérante, Lacan parle de forclusion du Nom-du-Père. La boussole phallique du sujet fait alors défaut. Nous sommes du côté de la psychose.
A cette époque pour Lacan, la structure du sujet (psychose, névrose ou perversion) dépend de la présence ou de la forclusion du Nom-du-Père. En d’autres termes, elle dépend de la manière dont le sujet aura traversé l’Œdipe.
Dans ses dernières avancées, Lacan articule la structure du sujet autrement. Avec la topologie, il s’interroge sur ce qui pourrait équivaloir la fonction du Nom-du-père. (Cf. James Joyce et son sinthome). Il ne fait plus du Nom-du-Père un phénomène uniquement oedipien. Il ne raisonne plus la psychose en termes déficitaires et il se met à parler de l’Œdipe comme de quelque chose de dépassé…
De nos jours, les mutations du lien social nous posent de nouvelles questions sur la fonction paternelle. Le rapport au père et à la jouissance semble avoir tellement changé que certains en viennent à parler de dégénérescence du Nom-du-Père…
Alors, comment aborder la clinique aujourd’hui ? A partir de l’Œdipe ? L’Œdipe est-il toujours d’actualité ?
Ce sont ces questions que les intervenants du colloque sont invités à déplier.

«le désir de la mère (…) entraîne toujours des dégâts. Un grand crocodile dans la bouche duquel vous êtes – c’est ça la mère. On ne sait pas ce qui peut lui prendre tout d’un coup, de refermer son clapet. C’est ça, le désir de la mère.»J. Lacan, L’envers de la psychanalyse, Paris, Champ freudien, Ed. du Seuil, 1991, p. 129

Texte d’ouverture du colloque Anne-Marie DEVAUX (EPFCL, FCL du Brabant)
Consommer : du stupre au stupide Dr Françoise Gorog (EPFCL)
Œdipe, après. Colette Soler (EPFCL)
La place de l’analyste : lieu de l’a-pération Patricia KAISER (FCL de Liège)
Trouver sa voix Michel Heinis (AFB-ALI)
Le désir, donc, c’est la loi Bernadette Diricq (EPFCL)
Un père toujours « faillible » : reproche ou révocation ? François Longe (FCL de Liège)
Le « nœud » du père Martine Ceccato (FCL de Liège)
Joseph Goebbels, le prophète Delphine Noëls (FCL Brabant)
Moi, Charlotte de B, 28 ans, Impératrice du Mexique, folle… Coralie Vankerkhoven (EPFCL, FCL du Brabant)
Tabou de la virginité et suture de l’hymen Zehra Eryoruk (EPFCL, FCL de Liège)
Œdipe, l’édit du père, les dits de la mère Henri de Groote (EPFCL, FCL du Brabant)
Quand Œdipe n’est pas au rendez-vous ! Dr Manuelle Krings (EPFCL, FCL de Liège)
Sophocle aujourd’hui… Christian Centner (EPSF)
Démythifier l’interprétation Dr Marc Strauss (EPFCL)